Aurélie Le Postollec, ingénieur de recherche

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Aurélie Le Postollec dans ma vie professionnelle et Aurélie Cavalié dans ma vie privée, mariée à un chercheur que vous devriez bientôt croiser dans les couloirs du LAB, 35 ans, maman de 2 adorables petits monstres, Estelle et Léo. Je suis membre de l’équipe Atmosphères et Surfaces Planétaires (ASP).

Quoi d’autre ? Née en Bourgogne, j’ai grandi dans les Landes pour finir dans le Bordelais, je suis donc naturellement amatrice de bon vin. J’aime la bonne humeur, la bonne cuisine et les voyages. Découvrir, apprendre de nouvelles choses est un moteur chez moi et j’aime bien me lancer de nouveaux défis… je me suis dernièrement mise à l’équitation, au ski, à la sophrologie et si un jour j’ai un peu de temps et d’argent j’adorerais apprendre la plongée, le parachutisme, l’escalade… un jour peut-être…

Quel a été votre parcours ?

Après un Bac S, j’ai fait une année de prépa Physique-Chimie au Lycée Montaigne de Bordeaux. J’ai ensuite continué mes études à l’Ecole des Mines d’Albi-Carmaux (EMAC) pendant 4 ans. Au cours de la troisième année, j’ai eu l’opportunité de partir en semestre ERASMUS à l’Université de Tampere en Finlande, expérience très enrichissante. Pour ma dernière année à l’EMAC, j’ai choisi la spécialité « Matériaux pour l’Aéronautique et le Spatial » et j’ai suivi en parallèle un Master 2 Recherche « Science des matériaux, nanomatériaux et multimatériaux ». L’obtention de ce double diplôme m’a permis de postuler sur différents sujets de thèse et j’ai choisi la thèse proposée par Michel Dobrijevic au LAB qui portait sur l’ »Étude de la résistance aux conditions spatiales d’une biopuce dédiée à la détection de molécules organiques sur les corps du Système solaire ». Après avoir soutenu ma thèse en 2008, j’ai eu la chance d’obtenir un poste d’ingénieur de recherche au LAB.

Quelle est votre fonction ici au LAB et depuis quand ?

Je suis ingénieur de recherche au sein de l’équipe ASP depuis fin 2008 (d’abord en CDD avant d’obtenir le concours en 2009 et être titularisée en 2010). Ma thématique de travail concerne essentiellement l’instrumentation dédiée à l’exploration du Système solaire dans un cadre exobiologique. Dans le labo, je suis « madame biopuces » car depuis mes débuts au LAB j’étudie notamment la possibilité de développer et d’envoyer des biopuces à anticorps ou à aptamères (oui oui ça existe, ce n’est pas un gros mot) sur les prochaines missions d’explorations planétaires. Outre cette fonction principale, j’essaie de m’investir dans la vie du laboratoire à différents niveaux : je suis élue au conseil de laboratoire, au conseil scientifique de l’OASU, j’ai récemment accepté d’endosser le rôle d’assistant de prévention et je suis vice-présidente de l’ADOUB.

Qu’est-ce qui vous a poussé à travailler dans la recherche publique en astrophysique ?

Pas facile de retracer ce qui, au fil des embranchements de vie, m’a mené jusqu’ici. Comme je l’ai dit un peu plus haut, j’adore apprendre, découvrir, et du coup j’ai mis assez longtemps à savoir ce que je voulais faire… c’est d’ailleurs pour cela que j’ai opté pour une école d’ingénieur généraliste car ça m’a permis de choisir une spécialité le plus tard possible. J’avoue que depuis toujours j’avais une petite attirance pour l’aéronautique et le spatial (certainement à cause d’un papa parachutiste qui m’a donné le virus) et donc en fin de cursus j’ai tout simplement suivi mes premières intuitions. J’étais plutôt destinée à l’industrie mais le monde de la recherche m’intriguait, je me suis donc laissée la porte ouverte en faisant un master recherche et en optant pour un stage de fin d’études dans un laboratoire de recherche. J’ai bien accroché et j’ai donc naturellement souhaité prolonger l’aventure par une thèse. Je n’avais pas d’idée spécialement arrêtée sur le sujet de thèse que je désirais et j’ai laissé la place au coup de cœur… c’est tombé sur le LAB et sur cette thèse avec Michel sur les biopuces, hors des sentiers battus.

Quelles sont vos tâches ?

Pour faire simple, je suis chargée de définir, adapter, planifier et réaliser des expériences afin de répondre à des problématiques scientifiques. J’ai la chance de travailler dans un cadre fortement pluridisciplinaire, donc je découvre sans cesse de nouveaux domaines, de nouvelles techniques, de nouveaux instruments auxquels je dois m’adapter. Pour vous donner un aperçu, au cours de mes années au LAB, j’ai réalisé des simulations numériques d’interactions particules/matière avec l’outil Monte-Carlo GEANT4, j’ai irradié divers échantillons sur différentes lignes de faisceau (Bordeaux, Sicile, Belgique, Corée), j’ai réalisé des expériences de biochimie avec des anticorps, j’ai mis au point des protocoles d’essais sur aptamères pour étudier leur comportement en milieu organique, j’ai contribué au suivi de projet et aux développements techniques nécessaires à l’exposition d’anticorps et d’aptamères à l’extérieur de la Station Spatiale Internationale, et plus récemment je m’intéresse par exemple aux essais LIBS sur analogues martiens, à la caractérisation de microbilles et/ou micrométéorites par différentes techniques, et à la possibilité de tester certains dispositifs en microgravité… bref, je ne m’ennuie jamais ! Une part importante de mon travail consiste à développer et maintenir des collaborations entre les acteurs des différentes disciplines afin de faire avancer nos projets et faire émerger de nouvelles idées. Je m’implique bien sûr dans la gestion globale des projets (délais, budgets, etc) et contribue à l’interprétation et à la publication des résultats scientifiques obtenus. J’ai la chance de souvent pouvoir suivre un projet du début à la fin en allant de l’émergence de l’idée, en passant par la définition des moyens à mettre en place, la réalisation des expériences, leur analyse et enfin la publication des résultats.

Parmi ces tâches qu’est ce que vous appréciez le plus ?

Clairement, ce que j’apprécie le plus c’est la diversité… mais vous vous en doutiez un peu je parie. Faire se croiser des disciplines, faire communiquer des personnes de milieux totalement différents est une expérience incroyablement enrichissante et je ne m’en lasse pas. Tout n’est pas toujours simple, il faut savoir être humble et se remettre en question souvent pour s’adapter à des domaines où l’on a tout à apprendre mais j’adore ces découvertes incessantes, j’adore ces défis permanents et la satisfaction que cela procure d’avoir acquis une nouvelle compétence. J’aime aussi à me dire que tout simplement je suis sûrement parfois la seule au sein de nos réunions qui comprend parfaitement à la fois le physicien nucléaire et le biochimiste. C’est gratifiant, dans ces moments là, soit de mettre le doigt sur la problématique que personne n’a vue, soit d’éviter les incompréhensions en faisant l’interface entre deux domaines aux spécificités de langage très différentes.