Baptiste Boutin-Basillais, étudiant en thèse

Pouvez-vous vous présenter brièvement ?
Je suis Baptiste Boutin-Basillais, 24 ans, Manceau d’origine, passionné de sciences, de musique et de science-fiction. Je suis arrivé à Bordeaux il y a 6 ans et je travaille au Laboratoire d’Astrophysique de Bordeaux depuis 1 an.

Quelle est votre fonction au LAB et depuis quand ?
J’effectue une thèse sur les systèmes auto-gravitants irradiés et les figures d’équilibre sous la direction de Jean-Marc Huré, au sein de l’équipe ECLIPSE depuis octobre 2017.

Quel a été votre parcours ?
J’ai d’abord suivi un parcours classique jusqu’au bac scientifique puis deux années de classe préparatoire aux grandes écoles en physique-chimie. Ensuite, je me suis inscrit en licence Science de la Matière à l’Université de Bordeaux où j’ai pu pleinement m’épanouir. J’ai poursuivi en première année de master Physique Fondamentale et Applications et enfin, en deuxième année de master dans le cursus Noyaux, Plasma, Univers spécialité Univers.

Qu’est-ce qui vous a poussé à faire une thèse en astrophysique ?
Une passion pour ce domaine, mon professeur de mathématiques au collège et la rencontre avec mon directeur de thèse, Jean-Marc Huré. Depuis tout petit, j’ai toujours été très curieux sur le monde qui m’entoure. J’étais passionné par l’histoire de la Terre et la géologie. Ma curiosité s’est petit à petit diversifiée pour atteindre les sciences de l’Univers. Au collège, ma passion pour le domaine scientifique et surtout mathématique a été attisée par mon professeur de mathématiques qui me mit au défi de comprendre d’où venait la formule quantifiant le volume d’une boule. Et j’ai continué à étudier les mathématiques jusqu’à obtenir la réponse en première année de classe préparatoire dans un cours de physique ! Au terme de ma première année de master, j’étais partagé entre suivre les cours de préparation à l’agrégation pour devenir enseignant et continuer en master recherche pour effectuer une thèse ensuite. Ce qui m’a permis de trancher fut le stage que j’ai effectué sous la houlette de mon directeur de thèse et me voilà parti sur le chemin de la recherche !

Exemple d’un équilibre avec deux corps, un ellipsoïde central (objet 1) et un tore (objet 2), qui présentent chacun un cœur et une enveloppe. Vue en coupe, la figure en trois dimensions s’obtient par symétrie autour de l’axe des ordonnées.

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre sujet de recherche ?
Je travaille pour le moment sur la structure interne d’étoiles et les systèmes à plusieurs objets dans le cadre de la théorie des figures d’équilibre. Sous les seuls effets de la gravitation et de la pression interne, un corps sera plutôt sphérique. En revanche, si l’on considère le corps en rotation dans l’équation, les choses se compliquent ! En effet, le corps va s’aplatir, pouvant même se creuser en son centre jusqu’à prendre la forme d’un « donut » (anneau de matière). Bien que ces équilibres soient connus pour des corps simples et isolés, il reste beaucoup de travail pour comprendre ce qu’il se passe dans les corps stratifiés (différentes couches dans lesquelles les processus physiques ne sont pas les mêmes), par exemple, une étoile constituée d’un cœur et d’une enveloppe. Il en va de même pour les systèmes composés de plusieurs objets, par exemple un corps central autour duquel orbitent des anneaux de matière. C’est un sujet d’étude qui s’inscrit dans différents contextes astrophysiques comme la formation et l’évolution des étoiles, les systèmes binaires ou encore la physique planétaire. À cet effet, nous venons de mettre en lumière une famille d’équilibres à deux corps simples (un ellipsoïde central et un tore) jusqu’à présent inconnus, venant ainsi compléter la famille des solutions découvertes.

Quelle sera la suite pour vous ?
Cela dépendra de mes aspirations futures. Pour le moment, j’envisage de me consacrer pleinement à la recherche et d’obtenir un poste de maître de conférence car, de mon point de vue, l’enseignement et la recherche vont de paire.