Découverte d’isocyanate de méthyle dans l’espace

 

L’observation d’étoiles jeunes nous renseigne sur les conditions qui ont pu régner au moment de la naissance de notre Système Solaire il y a plus de 4,5 milliards d’années. Grâce à la spectroscopie dans le domaine millimétrique/submillimétrique, les astronomes peuvent en particulier déterminer la composition chimique du milieu dans lequel se forme un Soleil et ses planètes. A l’aide de données obtenues avec l’interféromètre ALMA (Atacama Large Millimeter Array), un réseau de 66 antennes situé dans le désert d’Atacama au Chili, des chercheurs ont mis en évidence pour la première fois une molécule organique importante, l’isocyanate de méthyle, dans l’environnement de l’étoile naissante IRAS 16293-2422.  

L’isocyanate de méthyle fait partie de ces molécules dites prébiotiques, qui ont pu jouer un rôle fondamental dans les origines du vivant. Cette molécule se caractérise par la présence d’une liaison similaire à une liaison peptidique, chaînon essentiel de la structure des protéines, constituants de toutes cellules vivantes.

La molécule a été détectée au sein des régions internes, denses et chaudes des deux proto-étoiles qui composent IRAS16293-2422, à quelque 400 années-lumière de la Terre dans le nuage de Rho Ophiuchi. Cette découverte vient compléter la liste de molécules prébiotiques associées aux étoiles jeunes, telles que le glycolaldéhyde et le formamide. Elle fournit aux astronomes et aux chimistes une nouvelle brique essentielle possiblement liée à l’émergence de la vie sur Terre. 



Cette même équipe a également mené en laboratoire des expériences qui ont montré que l’isocyanate de méthyle se forme sur des particules de glace à des températures très basses, semblables à celles qui règnent au sein du milieu interstellaire. Les deux précurseurs moléculaires menant à l’isocyanate de méthyle sont connus pour être abondants dans les régions de formation stellaire, ce qui explique la présence de cette molécule dans l’environnement proche de la plupart des jeunes étoiles de type solaire. 

Contact au LAB : Audrey Coutens

Pour en savoir plus:

Communiqué ESO : https://www.eso.org/public/france/news/eso1718/

N. F. W. Ligterink, A. Coutens,V. Kofman, H. S. P. Müller, R. T. Garrod, H. Calcutt, S. F. Wampfler, J. K. Jørgensen, H. Linnartz, & E. F. van Dishoeck, MNRAS 469, 2219–2229 (2017)