Lars Bonne, étudiant en thèse

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Lars Bonne et j’ai 25 ans. Je suis originaire du village Waarschoot, en Belgique, à proximité de la frontière néerlandaise. Pendant mon temps libre, je pratique différents sports comme le vélo (et le VTT depuis que je suis en France), le foot, le badminton, et d’autres. Le reste du temps, j’aime le passer avec des amis, écouter de la musique ou encore apprendre plein de nouvelles choses. Par exemple, j’aime découvrir de nouvelles régions.

Quelle est votre fonction au LAB et depuis quand ?
J’ai commencé ma thèse au LAB dans l’équipe formation stellaire en octobre 2017, sous la direction de Sylvain Bontemps. Je suis financé par la région Nouvelle-Aquitaine, à 50%, et par le projet GENESIS (GÉNération et Évolution des Structures du milieu InterStellaire) pour l’autre moitié. Ce projet émane d’un partenariat franco-allemand et est financé à la fois par l’ANR (Agence National de la Recherche en France) et le DFG (Deutsche Forschungsgemeinschaft, soit la fondation allemande pour la recherche). Son but est de comprendre la structure et l’évolution du milieu interstellaire et plus spécialement le mécanisme de formation des étoiles. Mon rôle en thèse dans ce projet est d’analyser des observations dans les domaines de longueurs d’onde millimétriques et infrarouges pour mieux comprendre les premières étapes de la formation des étoiles.

Quel a été votre parcours ?
Après une école secondaire (équivalent au collège et lycée en France), j’ai effectué une licence puis un master en Physique et Astronomie à l’université de Gand, en Belgique. Durant ces études, j’ai passé ma troisième année de licence à l’université de Cardiff, au Royaume-Uni, grâce au programme Erasmus. Après mon master, j’ai effectué un stage de recherche en formation stellaire pendant 5 mois à l’université de Cardiff, puis j’ai travaillé 6 mois dans un hôtel à Nantes avant d’arriver à Bordeaux pour commencer ma thèse.

Qu’est-ce qui vous a poussé à faire une thèse en astrophysique ?
Ce n’était pas un objectif prévu depuis mon enfance, comme on pourrait le croire. J’étais bien sûr intéressé par le ciel lorsque j’étais enfant mais pas de façon prépondérante sur d’autres sujets. Après l’école secondaire, j’ai choisi mes études en raison de ma fascination pour les lois fondamentales de l’Univers à toutes les échelles, dans toutes les disciplines : en relativité, en matière condensée, en mécanique quantique, en physique des particules, etc. Je désirais mieux les comprendre. C’est pendant ces études que ma passion pour l’astronomie a grandi, jusqu’à ce que le stage à Cardiff me convainc de me lancer en thèse en astrophysique. Finalement, c’est la curiosité, puis l’envie de contribuer à la recherche dans ce domaine qui m’a mené là où j’en suis.

Carte Herschel du nuage moléculaire DR21 dans la constellation du Cygne qui montre la structure filamentaire dans une région formant des étoiles massives.

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre sujet de recherche ?
La question principale de ma thèse est la formation des régions de gaz denses qui finiront par former des étoiles à partir du milieu interstellaire. Les images très riches produites par le télescope spatial Herschel ont mis en évidence les structures complexes du gaz dense qui se répartit sous forme de filaments, entourés par des régions de gaz plus diluées. Pour comprendre le lien entre le gaz dilué et la formation de ces filaments denses, on utilise des nouveaux outils d’analyse d’images (développés par l’INRIA, l’Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique) ainsi que des observations complémentaires, comme des données spectroscopiques qui donnent une information sur la cinématique des régions observées. Cela permet d’extraire autant d’information que possible des images Herschel et obtenir des idées sur les conditions initiales de la formation stellaire.

Quel est le résultat scientifique dont vous êtes le plus fier ?
Après 2 ans de thèse, les résultats scientifiques de ma thèse commencent à voir le jour. Je suis fier, par exemple, de la détection de gaz chauffé autour d’un filament dans la région de la constellation Musca (la mouche), située très au sud de notre hémisphère, à près de -70° de déclinaison, et d’avoir expliqué que ce gaz chauffé est probablement un choc responsable de la densification du gaz dans le filament. J’en suis particulièrement fier parce qu’il y avait plusieurs complications à surmonter pour obtenir ce résultat, entre autres reliées au télescope pour lesquelles il fallait apporter des corrections, sans quoi l’interprétation aurait été difficile.